Parfum de passage

Muda Maxana

22 July 2026

Super-Lemba.

I

C’est pas un quartier, c’est un carrefour. Un endroit où on ne reste pas, où on passe. Les motos te frôlent l’épaule, klaxonnent pour rien, pour tout, pour te dire « Je suis là, dégage ou crève ». Les pneus mordent la poussière, la soulèvent par nuages, la collent à ta peau, à ta bière, à tes poumons. Je suis assis à une table en plastique blanc. Celle qu’on trouve partout. Le pied branle, je cale un petit caillou en dessous. Maintenant, ça tient. À peu près.

Devant moi, une Nkoyi-Likofi. Petite bouteille trapue. La bière des hommes qui attendent. La bière des rendez-vous qu’on va rater sans même le savoir. La sueur coule sur le verre, dessine une flaque en forme de continent sur le plastique rayé. Je bois. C’est tiède. Je bois quand même.

Derrière moi, l’arrêt des motos. Un type braille « CENTRE-VILLE » comme si sa vie en dépendait. Personne ne monte. Il braille encore. Il braillera jusqu’à la nuit, probablement. C’est son métier. Crier des destinations que personne ne prend.

J’attends seize heures. Mon rendez-vous. Quelque chose d’administratif. Des papiers à signer. Je ne pense même pas à ça. Je suis là. Je bois. Je regarde les gens passer.

C’est une heure calme. Pas calme comme le silence. Calme comme une pause. L’heure où les motards fument assis sur leurs engins, où les vendeuses de beignets plient leur étal, où les femmes reviennent du marché avec des cabas pleins de légumes fatigués.

L’heure où les filles sortent.

II

Je les ai vues arriver par le bout de l’allée.

Elles sont cinq. Des sacs à dos. Des produits de toilette. Des lotions, des savons, des petits flacons qui brillent au soleil couchant. Elles rôdent. Elles tournent. Elles regardent les hommes. Les hommes seuls. Les hommes qui boivent. Les hommes qui attendent.

C’est leur métier à elles. Pas crier. Observer.

Les quatre premières restent collées au mur d’une boutique fermée. La devanture est peinte en bleu, la peinture s’écaille. Elles s’y adossent comme à un mur d’école. Elles parlent entre elles, la tête penchée. Elles rigolent parfois. Mais leurs yeux, eux, ne rigolent pas. Ils parcourent l’allée, s’arrêtent sur chaque table, chaque homme, chaque main qui tient une bière.

Elles n’osent pas. Pas encore. Elles regardent la cinquième.

La cinquième traverse.

Elle a un truc. Une façon de marcher. Pas une danse, non. Pas une provocation. Une certitude. Elle sait qu’elle va arriver à ma table, qu’elle va me parler, que je vais répondre. Elle n’accélère pas. Elle ne ralentit pas. Elle traverse comme on entre dans une pièce qu’on connaît déjà.

Je la regarde venir.

Ses hanches. D’abord ça. Le mouvement. Ce balancement qui n’est pas pour attirer, c’est juste elle. C’est sa façon d’être dans son corps, de l’habiter, de le faire parler sans ouvrir la bouche.

Le sac à dos. Un vieux sac noir, la fermeture éclair qui force un peu, une couture qui a lâché sur le côté, réparée avec du fil blanc. Elle le porte sur la hanche, pas sur le dos. Comme si elle voulait garder la main dessus, le sentir, savoir exactement ce qu’elle a dedans.

Sa veste. Une petite veste claire, trop légère pour la saison, mais elle ne tremble pas. Elle a chaud, peut-être. Ou elle a l’habitude. On s’habitue à tout.

Sa jupe. Rien pour attirer l’attention. Une jupe simple, qui tombe juste au-dessus du genou. Mais quand elle marche, ndeko, quand elle marche, la jupe raconte une histoire que les mots ne peuvent pas dire.

Elle arrive devant ma table.

Elle ne s’assoit pas. Elle reste debout. Le soleil est derrière elle, je cligne des yeux, je vois sa silhouette se découper dans la lumière. Ses pieds sont à dix centimètres des miens.

— Bonjour monsieur.

Sa voix. Je ne l’oublierai pas. Posée. Calme. Pas pressée. Pas la voix d’une fille qui mendie. La voix d’une fille qui propose. Qui sait que le temps travaille pour elle.

Français impeccable. Pas une faute. Pas une hésitation. Elle a appris quelque part, cette fille. Elle a travaillé sa langue. Elle sait que le français ouvre des portes. Même celles des chambres de passage.

Derrière elle, les quatre autres regardent. Elles ont arrêté de parler. Elles ne rigolent plus. Elles regardent Anna. Elles regardent ma table. Elles attendent.

C’est elle qui a eu le courage. Elles, non. Elle a traversé l’allée. Elle est là, debout devant moi, son sac sur la hanche, ses yeux dans les miens.

Je bois une gorgée. Je repose la bière.

— Bonjour, je dis.

III

Elle sort le flacon.

Sa main plonge dans le sac à dos, fouille une seconde, en ressort avec un flacon. Pas assez petit pour passer inaperçu, pas assez gros pour faire peur. Juste la taille qu’il faut pour que ma main l’épouse si je décide de l’acheter.

Elle le tient dans sa paume. Elle ne le lève pas en l’air comme un présentateur. Elle le garde près d’elle, comme une chose intime.

— Parfum pour homme, dit-elle. Très frais. Vous voulez sentir ?

Elle ne vaporise pas. Elle n’agite pas le flacon sous mon nez. Elle attend. Son poignet est là, à quelques centimètres de ma bouche. La veine bat doucement sous la peau fine. Je pourrais dire non. Je pourrais boire ma bière, la regarder partir, retourner à son mur, rejoindre les quatre autres qui attendent.

Je ne le fais pas.

Je la regarde. Vraiment. Son visage. Pas seulement ses hanches, pas seulement sa jupe. Son visage. Les pommettes un peu hautes. La ligne de sa mâchoire. Ses yeux — bruns, profonds, pas fatigués, non, pas fatigués. Calmes. Sûrs.

Derrière elle, les quatre autres retiennent leur souffle. Je le sens. Leur silence est plus lourd que les klaxons des motos.

— Ça sent quoi ? je demande.

Elle sourit.

Pas le sourire de la vendeuse. Pas le sourire commercial, poli, distant. Un sourire en coin. Un peu moqueur. Comme si elle venait de marquer un point. Comme si elle savait que j’étais déjà pris dans son filet.

— Ça sent l’homme qui sait ce qu’il veut.

Je la regarde par-dessus mes lunettes. Ce petit truc qui change tout. Derrière le verre, on est protégé. On observe. On juge. Sans les lunettes, on est nu. Elle l’a compris.

— Je sais ce que je veux ? je demande.

— Je crois que oui, dit-elle. Je crois que vous êtes en train de le chercher.

Je ris. Je bois une gorgée. La bière est tiède. Je m’en fous.

Elle sort toute la panoplie.

Savon. Lotion. Gel douche. Déodorant. Sa main plonge dans le sac, ressort, replonge. Chaque produit a sa place, chaque geste est précis. Une petite chorégraphie rodée, travaillée, répétée. Elle les pose sur la table, les reprend, les range. Elle ne les aligne pas comme un étalage. Elle les présente comme des preuves. Des preuves qu’elle est sérieuse. Qu’elle est une vraie vendeuse. Qu’elle n’est pas là par hasard.

Derrière elle, les quatre autres filles ne bougent pas. Mais leurs yeux, eux, bougent. Ils suivent chaque geste d’Anna. Elles apprennent. Elles regardent comment on fait. Comment on tient la table. Comment on tient l’homme. Comment on le fait rester.

Moi, je ne regarde plus les produits.

Je regarde Anna.

La courbe de sa taille. La façon dont sa veste s’ouvre un peu quand elle se penche pour sortir un flacon. La ligne de sa nuque, là où ses cheveux s’arrêtent, là où la peau commence, là où la sueur perle à peine.

Elle le voit. Je sais qu’elle le voit. Son regard croise le mien, une fraction de seconde. Pas de colère. Pas de gêne. Une évaluation. Elle sait ce que je regarde. Elle a choisi de ne pas le dire.

— Vous êtes agent marketing ? je demande, juste pour dire quelque chose, pour ne pas rester dans ce silence qui en dit trop.

— Je suis vendeuse, dit-elle. Mais je choisis mes clients.

— Et je fais partie des choisis ?

Elle ne répond pas tout de suite. Elle range un flacon. Elle en sort un autre. Elle prend son temps. Derrière elle, les quatre autres retiennent toujours leur souffle. Le type à l’arrêt des motos braille toujours « CENTRE-VILLE ». Personne ne monte.

Puis elle me regarde droit dans les yeux.

— Vous avez des lunettes, dit-elle. J’aime bien. Ça cache quelque chose.

Je les enlève. Je les pose sur la table. Je la regarde sans.

— Et maintenant ?

Elle sourit. Encore ce sourire en coin. Mais plus doux. Moins professionnel.

— Maintenant, dit-elle, je sais que je ne me suis pas trompée.

IV

Je prends le parfum.

Mes doigts l’attrapent sur la table, le tournent, l’examinent. Le flacon est tiède. Il a passé l’après-midi dans son sac, contre ses affaires, contre sa peau peut-être. Le verre est lisse, un peu gluant à cause de la chaleur. L’étiquette est propre, bien collée. Pas un faux, pas un produit de contrebande. Du vrai.

— Je le prends, je dis.

Elle sourit. Elle croit que l’affaire est conclue.

Je bois la dernière gorgée de bière. Elle est chaude maintenant. Vraiment chaude. Je la bois quand même. Je pose la bouteille vide sur la table, au milieu des flacons alignés.

Je la regarde par-dessus mes lunettes — non, je les ai enlevées. Je la regarde sans. Mes yeux sont nus. Les siens aussi.

— Et pour la chambre, je fais lentement. On peut discuter aussi.

Le silence.

Il dure une seconde. Peut-être deux. Derrière elle, les quatre autres filles n’ont pas bougé. Mais l’air a changé. Elles savent. Elles ont compris. Leurs yeux sont braqués sur Anna.

Son regard change.

Pas la peur. Pas la colère. Pas cette indignation qu’on voit dans les films, celle de la femme offensée qui te gifle et s’en va.

Non. Autre chose.

Elle évalue. Elle recalcule. Ses yeux disent : « Toi aussi, t’es comme les autres ». Mais ils disent aussi : « Peut-être pas tout à fait ». Ils disent : « Est-ce que j’ai envie ? » Ils disent : « Est-ce que ça vaut le coup ? »

Une seconde. Deux secondes.

Puis elle hoche la tête.

— Tu as combien ? elle demande.

Soudain, elle me tutoie. La vendeuse a disparu. La femme est là. Celle qui sait que le temps, c’est de l’argent, et que l’argent, c’est du temps. Celle qui n’a pas de temps à perdre à faire semblant.

Je lui dis.

Elle hoche la tête. Pas de marchandage. Pas de négociation. Elle sait ce qu’elle vaut. Elle sait ce que je suis prêt à donner. Le prix est juste. Pour elle. Pour moi.

— Viens, elle dit.

Derrière elle, les quatre autres filles ont tout vu. Elles ne disent rien. Mais leurs yeux, ndeko, leurs yeux ont changé. Il y a du respect, là-dedans. Et quelque chose qui ressemble à de l’espoir.

Elles voudraient être à sa place. Elles ne le diront jamais. Mais elles voudraient.

V

Elle connaît l’endroit.

Une ruelle que je n’avais jamais prise. Pas la grande rue, pas la petite. Une ruelle entre deux boutiques, si étroite que tu dois tourner l’épaule pour passer. Les murs sont gris, tagués de noms que je ne connais pas, de dates, de dessins effacés par la pluie.

Elle marche devant moi. Je vois sa nuque. Ses cheveux attachés, quelques mèches qui s’échappent, collées par la chaleur. Sa veste claire qui bouge au rythme de ses hanches.

Elle s’arrête devant une porte en tôle. Verte. La peinture s’écaille par plaques. Elle sort une clé de son sac — une petite clé ordinaire, celle de n’importe quelle porte — et l’introduit dans la serrure. La porte grince, s’ouvre sur l’obscurité.

Elle entre. Je la suis.

La chambre est étroite.

Un lit défait, les draps pas changés depuis qui sait quand. Une fenêtre condamnée, les planches clouées de travers. Une chaise en plastique blanc — la même que partout. Une table basse, branlante, avec un cendrier plein de mégots. L’air est lourd. Ça sent le renfermé, la sueur d’avant, le passage d’autres hommes, d’autres histoires. Ça sent la vie provisoire.

Anna pose son sac par terre. Il tombe doucement, sans bruit, contre le pied du lit. Elle enlève sa veste. La plie. La pose sur le dossier de la chaise. Ses gestes sont précis. Elle ne se presse pas. Elle ne fait pas la timide. Elle sait pourquoi elle est là.

Moi, je reste debout près de la porte. Je ne bouge pas. Je la regarde.

Elle se retourne.

— Toi, elle dit. T’es pas comme les autres.

— Pourquoi ?

— Parce que t’as posé des questions. Parce que tu m’as regardée dans les yeux. Parce que t’as pas fait le mec qui sait tout.

Elle vient vers moi. Un pas. Deux pas. Ses mains pendent le long de son corps. Elle ne les croise pas. Elle ne cache rien.

— Mais t’es un client quand même, elle dit. On est d’accord ?

Sa voix a baissé. Presque tendre. Presque fragile. Ses yeux cherchent les miens, s’y accrochent.

— On est d’accord, je dis.

Elle hoche la tête.

— Alors, elle dit, arrête de parler.

VI

Plus tard — je ne sais pas combien de temps plus tard — on se rhabille.

Je ne regarde pas ma montre. Je ne veux pas savoir. Le rendez-vous est passé, de toute façon. Depuis longtemps.

Elle remet sa veste. L’ajuste sur ses épaules. Ses doigts tremblent un peu. Je le vois. Elle ne veut pas que je le voie. Elle se tourne un peu, cache ses mains.

Elle ouvre son sac. Fouille. En ressort le flacon. Me le tend sans me regarder.

— Tiens. Ton parfum.

Je le prends. Je sors l’argent. Je lui donne. Elle compte. Elle ne me regarde toujours pas. Les billets disparaissent dans son sac, dans une poche intérieure, là où personne ne peut les prendre.

— Tu vas faire quoi, après ? je demande.

— Retourner là-bas, elle dit.

— Attendre le suivant ?

Elle lève les yeux. Pour la première fois, elle semble presque surprise. Comme si personne ne lui avait jamais posé cette question. Comme si les hommes prenaient ce qu’ils venaient prendre et s’en allaient sans rien demander d’autre.

— Ça te plaît ? je demande.

Elle ne répond pas tout de suite. Sa bouche s’ouvre, se ferme. Ses yeux cherchent quelque chose sur le mur, sur le lit, sur la fenêtre condamnée.

— Ça me plaît de choisir, elle dit enfin.

Elle attrape son sac, le remet sur sa hanche.

— Beaucoup de filles font ça parce qu’elles n’ont pas le choix. Moi, j’ai choisi. Je vends des produits. Parfois, je vends autre chose. Mais c’est moi qui décide. Pas eux.

Sa voix se casse sur le dernier mot. Un tout petit peu. Juste assez pour que je l’entende. Elle se racle la gorge. Elle se reprend.

— Tu diras ce que tu veux de moi, elle dit. Mais dis au moins ça : j’ai choisi.

Elle ne me regarde pas. Elle regarde la porte.

— Maintenant, elle dit, on sort.

VII

Je reste un instant. Seul. Dans la chambre vide.

Assis sur le bord du lit. Les draps sont froissés, chauds encore. Je regarde le flacon dans ma main. Je ne l’ai pas ouvert.

Je pense à elle. À la façon dont elle a traversé l’allée. À sa voix quand elle a dit « Je choisis mes clients ». Au tutoiement soudain, là où tout a basculé. À ses doigts qui tremblaient en remettant sa veste.

Je pense à ce qu’elle n’a pas dit. À ce qu’elle a caché. À cette seconde où son regard a vacillé, quand j’ai demandé « Ça te plaît ? ». Comme si la question ne lui avait jamais été posée. Comme si personne n’avait jamais pensé à lui demander son avis.

Je me lève. Je sors.

La porte claque derrière moi.

VIII

L’allée est toujours là. Les motos passent toujours. Le type braille « CENTRE-VILLE » à l’arrêt. Il braillera jusqu’à la nuit. C’est son métier.

Les quatre autres filles sont collées au mur. La peinture bleue s’écaille derrière leurs épaules.

Anna est avec elles.

Elle ne me regarde pas. Elle parle à l’une d’elles, la tête penchée. Elle lui montre quelque chose dans son sac. Elle explique. Elle montre le flacon, la façon de le tenir, la façon de le présenter. Elle lui apprend.

Les trois autres regardent. Elles écoutent. Elles veulent comprendre. Elles veulent apprendre à traverser l’allée, elles aussi.

Je monte sur une moto.

— Centre-ville, je dis.

Le motard hoche la tête. La moto tousse deux fois, puis part. Le vent me frappe le visage. La poussière entre dans mes yeux. Je les ferme.

Je regarde l’heure à mon poignet. 16 h 30 passées. Le rendez-vous est loin. Tant pis.

Dans ma main, le flacon. Je l’ouvre. Je vaporise sur mon poignet.

Ça sent bon. Ça sent l’homme qui sait ce qu’il veut. Mais ce que je voulais, en m’asseyant à cette table, ce n’était pas ça. Ce que j’ai eu, c’est autre chose. Une leçon. Une rencontre. Une fille qui m’a rappelé que le pouvoir, ça se prend, ça se donne, ça se négocie — mais ça ne se vole jamais.

Je descends au centre-ville. Je marche. La chaleur est encore là. Les gens passent, pressés, lents, indifférents. L’odeur du parfum monte. Mais c’est une autre odeur que je cherche. Celle de ses cheveux. Celle qui est restée sur ma veste, imprégnée dans le tissu, invisible mais là. Elle ne partira pas tout de suite. Je ne sais pas si je veux qu’elle parte.

Muda Maxana est un auteur congolais reconnu pour son travail littéraire centré sur les réalités urbaines de la RDC. Né à Bukavu, il puise son inspiration dans les interactions humaines et les dynamiques complexes des environnements citadins. Son écriture se distingue par un style poétique ancré dans les expériences du quotidien, offrant une perspective profonde sur les vies souvent ignorées. En parallèle de son activité d’écrivain, Muda Maxana est également un facilitateur d’ateliers d’écriture. Son approche méthodique vise à développer la créativité et les compétences rédactionnelles de ses participants, en les encourageant à s’exprimer librement pour affiner leur style. Muda Maxana poursuit son travail de création littéraire et d’accompagnement artistique, tout en restant attentif aux évolutions du paysage littéraire africain contemporain.

 

*Image by Johnnathan Tshibangu on Unsplash

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